Carbulator est conçu pour évaluer l’empreinte carbone d’une production nativement numérique. Il combine des données spécifiques à l’entreprise et des données relatives aux productions, permettant ainsi une évaluation détaillée et modulable de l’empreinte carbone. Il intègre une double approche : une évaluation des émissions liées aux opérations annuelles du studio, basée sur des données déclaratives ; et une analyse spécifique par production, calculée à partir des jours-homme, de l’utilisation d’équipements techniques, et des configurations propres aux groupes de travail.
1. Principe de calcul des émissions carbone
Le principe de base de tout calcul d’empreinte carbone est le suivant :
- Relevé d’une donnée d’activité : kilomètres parcourus pour les déplacements, kWh d’électricité consommés pour l’énergie…
- Sélection du facteur d’émission : un facteur d’émission (FE) est un coefficient qui permet de convertir une donnée d’activité (comme un nombre de kilomètres parcourus ou une quantité d’énergie consommée) en une quantité de gaz à effet de serre, exprimée en équivalent CO2 (CO2e).
- Calcul des émissions carbone, selon la formule : Donnée d’Activité × FE = émissions de CO2e
Dans Carbulator, les données d’activité sont déclarées par l’utilisateur dans les sections dédiées (Studio, Matériel informatique, Oeuvre). Les facteurs d’émission sont issus de plusieurs bases de données certifiées. L’équation finale est calculée par l’algorithme propre à Carbulator, selon deux approches complémentaires : l’approche studio annualisée et l’approche production oeuvre.
2. Approche studio annualisée
L’approche studio annualisée calcule l’empreinte carbone du studio à partir des données déclarées par l’entreprise pour une année civile (1er janvier – 31 décembre). Ces données couvrent trois catégories principales, complétées par le nombre de jours-homme (en Équivalent Temps Plein) mobilisés sur l’année mesurée :
- Données physiques : consommations énergétiques, kilomètres parcourus pour les déplacements professionnels (hors fabrication de l’oeuvre), poids des déchets, inventaire des équipements (stations graphiques, serveurs…), etc.
- Données extrapolées à partir de sondages : habitudes professionnelles des collaborateurs (restauration, trajets domicile-travail). Ces éléments sont essentiels pour refléter le quotidien des équipes et l’empreinte carbone indirecte qui y est associée.
- Données monétaires : coûts liés à des services (maintenance, communication) ou à des biens (machines, mobilier, fournitures).
Cette approche permet de :
- mesurer l’empreinte carbone annuelle d’un studio ;
- calculer une quote-part de l’empreinte carbone du studio — sous forme d’un coût carbone moyen par jour-homme (hors électricité et amortissement des équipements) — destinée à être intégrée dans la fabrication d’une oeuvre, au prorata des jours travaillés par les équipes.
Cette approche est dite descendante lorsqu’elle est utilisée pour calculer l’empreinte carbone de l’oeuvre
3. Approche production oeuvre
Cette approche vise à capturer les spécificités de chaque production, à la manière d’un planning mobilisant les ressources disponibles dans un ou plusieurs studios (déclarées précédemment dans le volet Studio), en fonction de leur type et sur des périodes données.
Organisation en groupes de travail Les ressources mobilisables sont appelées «groupes de travail». L’utilisateur renseigne pour un site précis, les différents groupes mobilisés ainsi que leur période d’intervention. Un groupe de travail correspond à un département métier impliqué dans la production : storyboard, animatique, animation, etc.
Typologie des groupes de travail Les groupes de travail sont de trois types :
- Personnes : les personnes travaillant sur le projet, dont l’effort est renseigné en jours-homme travaillés, et qui utilisent un inventaire matériel dédié.
- Machines : les groupes machine dédiés, de type serveur de rendu, mesurables en heures de rendu. Les serveurs de stockage et les serveurs de services sont, quant à eux, considérés comme transverses, au même titre que des frais généraux.
- Prestations : les prestations de services externes nécessaires à la réalisation de l’oeuvre, comme une création musicale, un enregistrement de voix, ou une prise de vue réelle. L’effort correspondant est fourni par le prestataire lui-même et renseigné directement en poids carbone CO2e.
Déplacements et achats liés à l’oeuvre Les déplacements professionnels spécifiquement liés à l’oeuvre (déplacements pour validation, par exemple) ainsi que les dépenses dédiées à l’oeuvre sont également pris en compte.
Dans le cadre du calcul de l’empreinte carbone de l’oeuvre, cette approche est dite ascendante.
4. Calcul de l’empreinte carbone finale de l’oeuvre numérique
À partir des données précédentes, Carbulator combine l’empreinte carbone de chaque groupe de travail en fonction de :
- la consommation spécifique des équipements mobilisés pour la production (volet Oeuvre, mode ascendant) ;
- l’amortissement de ces équipements (volet Oeuvre, mode ascendant) ;
- les données calendaires des efforts de chaque groupe de travail.
Ces éléments sont ensuite associés au coût carbone moyen par jour-homme, calculé pour le site concerné à partir des données collectées dans le volet Studio (mode descendant).
Cette méthodologie permet d’agréger les contributions carbone pour fournir une estimation globale mais personnalisée de l’empreinte carbone de chaque oeuvre numérique, en tenant compte des réalités propres à chaque site et à chaque production.
L’empreinte carbone finale d’une oeuvre s’articule autour de deux notions :
- Coûts directs. Les émissions rattachables à une oeuvre : le temps de travail des équipes qui y sont affectées, la consommation électrique et l’amortissement des machines qu’elle mobilise, et ce qu’elle déclare en propre : déplacements, achats de services, prestations.
- Coûts indirects. Une quote-part des émissions des studios où l’oeuvre a été réalisée, pour la part ne portant pas déjà directement sur une oeuvre : l’éclairage et les usages électriques communs, les machines restées allumées en dehors des heures déclarées ou non rattachées à une configuration, le parc informatique amorti en dehors des oeuvre, et la part des fonctions support. Cette quote-part est calculée au prorata des jours-homme de l’v rapportés à ceux du studio, année par année.
Le calcul de l’empreinte carbone d’une oeuvre résulte ainsi d’une hybridation entre une méthodologie descendante (infrastructures des studios, fonctions transverses…) et une méthodologie ascendante (mobilisation des personnes et des machines).
Pour aller plus loin :
Conservatoire (Le reste). Tant que les oeuvres déclarées n’atteignent pas le capacitaire du studio, Carbulator maintient une valeur conservatoire par studio et par année, non affectée aux oeuvres. Elle s’annule lorsque le capacitaire hors fonctions support est entièrement distribué : le bilan du studio est alors intégralement réparti entre ses oeuvres, chacune portant en outre ses propres déclarations, déplacements, achats de services, prestations.
À tout moment, pour un studio et une année donnés :
Bilan carbone du studio − conservatoire = somme des bilans annualisés des oeuvres réalisées (direct et indirect) − leurs déclarations propres